

Grasse NICE-MATIN - 7 janvier 2001
Un homme à double fonction ! Sergueï Kolesnikov, professeur agrégé de sciences économiques et sociales au lycée Amiral, vient de publier son premier ouvrage : " Le Dossier AK 47 ou les dernières vacances du KGB ". Ce livre est l'aboutissement d'un rude labeur puisqu'il est issu des recherches effectuées par l'auteur pour sa thèse de doctorat. Il nous offre ainsi un polar hors normes, comme il se plaît à le souligner. Mais, ne nous méprenons pas, il ne s'agit aucunement d'un roman à thèse. Il tend simplement à mêler différents genres. Sous une trame d'action, on retrouve une histoire romantique, la trace de faits historiques, et une conclusion à l'allure d'essai philosophique...
Sergueï Kolesnikov est un écrivain attiré par les relations
internationales, la géopolitique et
l'espionnage ; ce roman répond à ses ambitions, à ses
goûts.
Un livre
qui ravira les amoureux de la Côte puisque l'action se déroule
à Antibes-Juan-les-Pins. En 1989, à la veille de l'implosion
de l'URSS, un officier du KGB a pour mission d'espionner un chercheur français,
qui pourrait compromettre l'histoire du pays par sa relecture du Capital
de Karl Marx.
L'enquête confiée à l'agent russe le conduira vers la
découverte d'un important complot de ligues fascistes internationales.

Il
publie un premier roman d'espionnage dont l'action se déroule à
Antibes-Juan-les-Pins.
Iconoclaste. Dans le petit monde de la littérature, le roman de Sergueï
Kolesnikov " le dossier AK 47 ", fait un peu l'effet de la Perestroïka
lancée par Gorbatchev dans l'ex-URSS.
Un
vrai pavé dans la mare, puisque cette oeuvre " hors normes "
se veut à la fois divertissante, et fidèle reflet d'une thèse
de doctorat de l'auteur, professeur en sciences économiques et sociales
à Nice.
"
J'ai mis dix ans de ma vie à écrire ça, à partir
de ma thèse sur la révision du Marxisme. A la Fac, on me disait
incompréhensible, alors j'ai décidé de la valoriser à
travers un polar! ".

Un tempérament slave
"
Je n 'ai subi que des refus parce qu'on jugeait mon roman trop riche, trop
littéraire, trop tout. Aujourd'hui, j'en tire des titres de gloire,
mais je suis surpris de voir que les éditeurs se réfèrent
uniquement au lecteur lambda moyen pour publier un ouvrage ".
Qu'importe,
l'homme a une volonté de fer, une abnégation proche de l'obstination,
que ne démentent pas ses origines russes. Derrière ses petites
lunettes et ses moustaches bien lissées, se cache un tempérament
slave. La glace et le feu. " Je suis russe à 100 % par mon père
et ma mère, réfugiés politiques en France, mais aussi
à 100% de culture française même si je suis passionné
à la russe, entier, ce qui m'a valu d'être éjecté
à la Fac ".
On
ne veut pas reconnaître son talent littéraire ? Qu'importe !
Sergueï lance une souscription et s'autoédite. " Depuis,
toutes les portes s'ouvrent, comme par miracle ".
Une satire de l'éducation Nationale
Des salons du livre de Mouans-Sartoux à Toulon, en passant par les
journées du livre méditerranéen d'Antibes ou une dédicace
à St-Laurent, cet écrivain néophyte s'est taillé
une petite réputation plumitive.
D'accord,
son roman, qui tente de mêler réflexion philosophique, politique,
espionnage, sentiments... pèche sans doute par excès de genres.
Mais
Sergueï se corrige au fil de ses écrits. Avec sa nouvelle "
Passé Simple ", libération de l'esprit critique d'un professeur
désabusé, le voilà primé et publié par
les éditions les Affolettes.
Dans
cette droite ligne, il prépare un nouvel ouvrage, un conte satirique
sur l'Education Nationale. Du vécu ! "
J'aimerais bien me reconvertir tout à fait à l'écriture
car j'en ai plus qu'assez de l'Education Nationale. Les élèves
sont au bord de la guerre civile, où ceux qui ne veulent rien faire
empêchent les autres de travailler sans qu'on ait les moyens de remettre
de l'ordre ". Un
franc parler qui résonne comme jadis... la Glasnost.